Un jeune godelureau dénommé Le Fox a eu, il y a peu, l'impudence de nous refiler la chaîne dite des sept secrets. Comme si nous étions du genre à nous plier à ce genre d'impératifs. Sans compter que nous tenons à l'aura de mystère qui entoure notre légendaire personne.
Mais aujourd'hui n'est décidément point un jour comme les autres -- à mi-chemin entre deux anniversaires, dont le second, osons-nous espérer, sera aussi festif que le premier... aussi allons-nous déchirer l'espace d'un post le voile de fumée de cigare derrière lequel nous aimons à nous dissimuler...
Il était une fois un club de jazz new-yorkais nommé le «Five Spots», où nous nous produisimes souvent au cours des années soixante. Les propriétaires en étaient deux frères, Joe et Iggy Termini, et le cuisinier était un dénommé Leonard, qui avait pour fâcheuse habitude de ranger sa mobylette dans la cuisine où il officiait.
Voilà qu'un soir, exaspéré par la présence incongrue de cette mobylette entre les fourneaux et le réfrigérateur, nous y balançons un magistral coup de pied. La mobylette s'écrase par terre, un rétroviseur se brise, et voilà que ce paltoquet de Leonard a l'outrecuidance de nous demander de le rembourser. Comme si une cuisine était l'endroit où garer sa mobylette ! Comme si nous ne faisions pas déjà preuve d'assez de générosité, jouant contre le seul couvert à cette période où les frères Termini avaient du mal à maintenir le «Five Spots» à flots !...
Nous refusons donc, et ce Leonard de me lancer : «Eh bien, puisque tu t'amuses avec ma moto, moi je peux m'amuser avec ta basse.»
Et devinez un peu ce que ce vil personnage a fait ? Il a attendu que tout le monde soit parti... s'est glissé dans la pièce où nous rangions notre contrebasse... a ouvert l'étui... a coupé les cordes. Et le lendemain, lorsque nous avons ouvert notre étui, les cordes nous ont sauté au nez.
L'outrage était trop grand. C'était lui, ou nous.
Leonard fut congédié sur l'instant. Mais on nous a rapporté que Joe Termini glissa à l'oreille de son frère Iggy : «Eh, c'est peut-être notre chance de nous débarrasser de lui.»
(Note du secrétariat général : nous ne garantissons point la véracité de l'anecdote que vient de vous narrer Charlie, librement adaptée d'un passage de «L'Ange du Jazz» de Paul Pines, Éditions du Rocher, 1998. Il semble que le voile de fumée de cigare ne soit pas près de se dissiper, bien au contraire...)
Mais aujourd'hui n'est décidément point un jour comme les autres -- à mi-chemin entre deux anniversaires, dont le second, osons-nous espérer, sera aussi festif que le premier... aussi allons-nous déchirer l'espace d'un post le voile de fumée de cigare derrière lequel nous aimons à nous dissimuler...
Il était une fois un club de jazz new-yorkais nommé le «Five Spots», où nous nous produisimes souvent au cours des années soixante. Les propriétaires en étaient deux frères, Joe et Iggy Termini, et le cuisinier était un dénommé Leonard, qui avait pour fâcheuse habitude de ranger sa mobylette dans la cuisine où il officiait.
Voilà qu'un soir, exaspéré par la présence incongrue de cette mobylette entre les fourneaux et le réfrigérateur, nous y balançons un magistral coup de pied. La mobylette s'écrase par terre, un rétroviseur se brise, et voilà que ce paltoquet de Leonard a l'outrecuidance de nous demander de le rembourser. Comme si une cuisine était l'endroit où garer sa mobylette ! Comme si nous ne faisions pas déjà preuve d'assez de générosité, jouant contre le seul couvert à cette période où les frères Termini avaient du mal à maintenir le «Five Spots» à flots !...
Nous refusons donc, et ce Leonard de me lancer : «Eh bien, puisque tu t'amuses avec ma moto, moi je peux m'amuser avec ta basse.»
Et devinez un peu ce que ce vil personnage a fait ? Il a attendu que tout le monde soit parti... s'est glissé dans la pièce où nous rangions notre contrebasse... a ouvert l'étui... a coupé les cordes. Et le lendemain, lorsque nous avons ouvert notre étui, les cordes nous ont sauté au nez.
L'outrage était trop grand. C'était lui, ou nous.
Leonard fut congédié sur l'instant. Mais on nous a rapporté que Joe Termini glissa à l'oreille de son frère Iggy : «Eh, c'est peut-être notre chance de nous débarrasser de lui.»
(Note du secrétariat général : nous ne garantissons point la véracité de l'anecdote que vient de vous narrer Charlie, librement adaptée d'un passage de «L'Ange du Jazz» de Paul Pines, Éditions du Rocher, 1998. Il semble que le voile de fumée de cigare ne soit pas près de se dissiper, bien au contraire...)
par Charlie La Trogne
publié dans :
leroyaumetrognesque

