Jeudi 2 août 2007
   (soupir nostalgique...)

   Bien sûr, je pourrais vous servir un post très sérieux avec des vrais bouts de biographie dedans, mais... il est tôt, je manque un peu de temps pour les recherches en tout genre ces jours-ci et puis je n'en ai tout simplement pas envie.

   Je ne vais quand-même pas vous ressortir l'histoire de la version d'origine de «I Put a Spell on You»... si ? Comment les producteurs, trouvant qu'elle manquait de folie, transformèrent la séance d'enregistrement en pique-nique improvisé (et pas mal arrosé) ? Comment Jay, quand il reçut une copie du disque quelques jours plus tard, refusa de croire que c'était bien lui qui chantait ? Comment, pour se remettre dans l'ambiance, il recréa quelques années durant les conditions préalables à l'enregistrement de ce qui était devenu un énorme tube -- avant de découvrir que même sans whisky ça marchait ?
   La preuve...


    Que tout ceci ne nous fasse pas oublier que Jay aurait aimé chanter de l'opéra... mais à moins de s'appeler Paul Robeson, pas facile de s'imposer dans le milieu lyrique quand on était noir, dans l'Amérique des années quarante et cinquante...
   Pourtant, avec la voix qu'il avait...



   Des vidéos de Jay, il y en a quelques unes sur You Tube. Un duo avec Gainsbourg sur «Constipation Blues» entre autres (que je vous épargnerai... sauf si vous insistez...), et puis aussi...



   Et vous savez quoi ? Jay, il était vraiment comme ça, dans la vraie vie. Je l'ai croisé un jour... mais cette histoire-là, je n'ai pas le temps de vous la raconter aujourd'hui... si vous insistez, peut-être que...
  
par Charlie La Trogne publié dans : vidéos
Samedi 19 mai 2007
   Comment dire non à Julima ? Et aux chats ?
   Après tout, les chats et le jazz, c'est une vieille histoire... et pas que pour les Aristochats. Un «cat», dans le jargon d'il y a quelques décennies, c'était un musicien, ou un amateur de jazz. Et puis, faudrait voir à ne pas oublier William Alonzo Anderson, dit «Cat». Ni Buck Clayton, tiens, surnommé «Cat Eye» par... par qui, au fait ? Sans doute Lester Young, grand pourvoyeur de petits noms.
   Julima aime Les McCann, et elle a bien raison. Les McCann, c'est du groove à l'état brut, avec des vrais morceaux de churchy dedans. Ça swingue, ça gigote, impossible de rester assis en écoutant ça...
   Du Les McCann en vidéo, par contre, c'est pas simple à trouver. J'en ai repêché deux... D'abord, «Vakushna», de 1960.


Les McCann trio
Uploaded by soulpatrol

  
   En cherchant un peu plus loin, on retrouve l'ami Les, en compagnie du saxophoniste ténor Eddie Harris. Ça groove toujours autant, mais plus pareil. Dans le genre hypnotique plus que brut de décoffrage.

   ... et en plus, c'est coupé en deux ! Scandale et hérésie... Il semble que ce titre soit le «unissued»  repéré dans la discographie de Bruyninckx, enregistré au festival de Montreux le 21 juin 1969 par, donc, Eddie Harris au ténor, Les McCann au piano, Benny Bailey à la trompette, Leroy Vinnegar à la contrebasse et Donald Dean à la batterie -- cinq autres titres ayant été édités sur l'album intitulé «Swiss Movement», sous étiquette Atlantic... Ah oui, la suite :




   Voili voilà, Madame Julima (et les chats)...

   Espérant que ces quelques notes vous mettront en joie en ce dimanche matin -- si vous désirez autre chose, c'est tout simple : y'a qu'à demander ! Le formulaire 457-b est toujours à retirer au guichet 2a, ouvert le jeudi de 9h à 9h15, et à remplir en quadruple exemplaire.
par Charlie La Trogne publié dans : vidéos
Vendredi 11 mai 2007
   Il était une fois... un chouette big-band. Un peu tombé dans l'oubli aujourd'hui, sans doute parce qu'il fut actif à une époque où la formule du grand orchestre était passée de mode.
   Il y avait, dans ce big-band, deux leaders. Le trompettiste et arrangeur Thad Jones, frère d'Elvin et Hank, et le batteur Mel Lewis, l'homme à la cymbale frissonnante... Il y avait aussi une section d'anches exemplaire, emmenée par l'ineffable Jerome Richardson (par ailleurs compositeur du «Groove Merchant» ci-dessous), et qui comprend ici Jerry Dodgion (l'homme de la «Panthère Rose» avant que Tony Coe prenne le relais), Eddie Daniels, Pepper Adams et Joe Henderson ; une poignée de trompettistes pêchus (Thad donc, et Snooky Young, Al Porcino, Richard Williams et Danny Moore) et de trombonistes coulissants (Jimmy Knepper, l'ex-Mingusien, Eddie Bert, Ashley Fannell et Cliff Heather) ; l'un de ces pianistes qui allient toucher de velours et swing qui pétille (Roland Hanna, tout juste annobli par le président du Liberia) et... et... à la contrebasse, le grand, l'immense, l'inimitable Richard Davis himself...
   Ça swingue, que dis-je, ça groove du feu de Dieu, alors... just click and enjoy!

par Charlie La Trogne publié dans : vidéos
Dimanche 4 mars 2007
   Par Milt Hinton, délicieux jeune homme de 79 ans, une petite leçon sur le rôle de la contrebasse aux débuts du jazz...
   Ça slappe que c'est est un régal...


par Charlie La Trogne publié dans : vidéos
Lundi 25 décembre 2006
   Reçu une guitare pour votre petit Noël ? Une fois que vous aurez vu cette vidéo, de deux choses l'une : soit vous ne la lâchez pas jusqu'à ce qu'on vous offre une paire de charentaises pour votre petit Noël de l'année prochaine, soit vous la revendez tout de suite...
Vendredi 1 décembre 2006

La troupe de La La La Human Step et la génialissime Louise Lecavalier, qui officia un temps avec les sieurs Bowie et Zappa, ici accompagniant le grand chanteur indien, master of Bollywood, Asha Bhosle.

A noter que la dame tourne toujours...   

par Charlie La Trogne publié dans : vidéos
Dimanche 26 novembre 2006

   Et c'est qui qui s'y colle pour le premier post sérieux, je vous le demande ? Celle qui a un ordi en état de marche et rien d'autre à faire ; enfin, c'est ce que les autres ont l'air de croire.

   On commence par un pur chef d'oeuvre. Le «Jammin' the Blues» de Gjon Mili et de 1944 ; bienvenue sur la piste aux étoiles : Sweets à la trompette, Lester et Illinois Jacquet aux ténors, Marlowe Morris au piano, Barney Kessel à la guitare, Marie Bryant au chant sur «On the Sunny Side of the Street» et deux tandems rythmiques -- Red Callender / Big Sid Catlett et John Simmons / Jo Jones. Deux danseurs assez phénoménaux aussi, j'ai failli les oublier, ceux-là.

   Lester et sa façon unique de tenir «Lady Violet»... le passage de relais entre Big Sid et Papa Jo... que du bonheur. Et un petit détail révélateur des interdits de l'époque, tiens, aussi. Regardez Barney Kessel ; enfin, les mains de Barney Kessel et son profil, fugacement aperçu dans une pénombre étudiée. Barney était le seul musicien blanc de cette jam. Il se souvient :

   «Jamais ils n'auraient pu vendre ce film dans le Sud. Quand Jack Warner a vu que tout le monde était noir sauf moi, il ne voulait plus se lancer dans l'entreprise. Il a demandé à Norman Granz de prendre un guitariste noir. Norman a refusé, en lui disant que les musiciens qui étaient présents ne l'étaient pas parce qu'ils étaient noirs ou blancs, mais parce qu'ils étaient les musiciens que lui avait voulu engager. Finalement, ils ont trouvé une solution : je serais dans la pénombre. Ce qui, à l'image, pourrait laisser supposer que j'étais noir.
   Pour le gros plan sur moi, ils ont teinté mes mains. Cela peut paraître excessif maintenant mais en 1944, avant le Civil Rights Movement, cela ne l'était pas. En ce temps-là, que cela vous plaise ou non, c'était la seule chose à faire.
   Pendant la séance, ils ont pris des photos. Sur l'une d'elles, j'étais assis à côté de Lester. Lester avait le teint clair ; il était assis en pleine lumière et moi dans la pénombre. Quand j'ai vu cette photo, je me suis tourné vers les autres musiciens noirs, je la leur ai montré et je leur ai demandé en rigolant : "Qu'est-ce que ce type fait avec nous ?". Il avait l'air beaucoup plus blanc que moi.»

   Mieux vaut en rire... et ouvrir grand les yeux et les oreilles. Surtout.

 

 

 

 

par Charlie La Trogne publié dans : vidéos

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